Eliott's

"Les femmes rougissent d'entendre nommer ce qu'elles ne craignent aucunement à faire." Montaigne

26 novembre 2009

"Sonnet d'un peine à jouir" ou "L'Effleure du mâle"

  DOUARD_1Chères lectrices,   

   Un peu d'inquiétude hier soir. Bien sûr, il était très tard, bien sûr j'étais crevé, bien sûr je n'en avais pas vraiment une envie farouche, mais quand même. Près de 30 minutes à me masturber avant d'atteindre l'orgasme !  Bien entendu, je ne parle pas de ces 30 minutes qui, parfois, peuvent devenir 60 ou 90 et durant lesquelles la seule difficulté consiste à retenir la semence qui ne demande qu'à jaillir. Non, je parle des 30 minutes où l'on a beau s'astiquer avec une vigueur toute juvénile, où l'on a beau mater les plus belles "nanas" du net en maillot de bain , topless ou carrément à poil; les playmates du mois, de l'année ou du siècle; les fellations les plus artisanales ou les plus artistiques; les levrettes pratiquées par les femmes aux croupes les plus appétissantes; les vidéos amateurs les plus amateurs, les scènes de saphisme les plus lêchées; où l'on a beau convoquer en esprit les scènes les plus émoustillantes ou les plus salaces;   les 30 minutes donc où l'on a beau faire tout ce que l'on peut et où rien ne se passe ! Si ce n'est sentir fondre dans sa main son érection comme un "m&m's" au soleil et éprouver une douleur lanscinante dans le triceps brachial qui vous donne l'envie de tout abandonner; de baisser les bras et le reste.

  J'étais d'ailleurs sur le point de le faire quand j'ai trouvé, après avoir fait défilé sur l'écran de mon portable une bonne cinquantaines de jeunes femmes soigneusement sélectionnées lors de mes virées sur des sites et autres blogs coquins, une petite nana topless sur une plage, qui, je crois, n'avait jamais reçu de ma part un hommage séminal; une fille toute simple, belle mais sans saillance particulière qui, hier, de manière inattendue, fut ma sauveuse et me permit d'aller au bout d'une branlette à laquelle j'étais, avec un mélange de peine, d'humeur et de désespoir, sur le point de renoncer !

  Je me suis donc dit qu'il fallait que je la remercie à ma façon, à travers un sonnet inspiré de "A une passante" de mon maître Baudelaire (pardon Charles pour le sacrilège !), que j'ai intitulé: "A une estivante".  Je vous le livre, lectrices fidèles, ce soir, en avant-première  (L'original à droite, la pastiche à gauche, la "Muse topless" au centre) :

hommage___Baudelaire

CLIQUEZ SUR LA PHOTO POUR L'AGRANDIR !

Contact : eliott_g@hotmail.com

 

25 novembre 2009

La première !

    Incroyable ! Et émouvant.

   En tapant sur Facebook son nom un peu au hasard, je l'ai retrouvée : S*, ma première copine, mon premier flirt. C'était durant l'été 1989. 20 ans déjà ! Notre idylle, née d'un malentendu, ne dura que ce seul été et ne me permit même pas de perdre mon pucelage.   Elle avait 17 ans à peine  à l'époque, La Lambada faisait fureur dans les discothèques, un certain  Rock Voisine parlait de "l'été qui s'achève" et d'une certaine "Hélène".  De S*, je garde le souvenir d'un corps magnifique dont je n'ai même pas joui, d'un caractère ombrageux et d'un esprit volage qui m'ont fait un peu souffrir à l'époque.

  Aujourd'hui, S*à 37 ans et je trouve qu'elle n'a pas vraiment changé de visage.

  J'ai dû la revoir en 1990, puis en 91, quand elle sortait avec un de mes "bons" copains, puis plus rien.  En dépit de mes efforts, par la suite, pour tenter de l'apercevoir, sans qu'elle ne me voie, aux abords de la maison familiale de l'île d'Oléron où elle passait, comme moi, ses vacances scolaires ou sur la place du marché où nous nous baladions main dans la main ou encore près de la plage où nous passions nos après-midi et échangions baisers et caresses, je ne l'ai jamais revue.

   Je vous livre, aujourd'hui, sa photo. M'en voudrait-elle ?   Une photo "recadrée" par ses soins semble-t-il (?); assez mal d'ailleurs puisque l'on aperçoit, à droite, une tête d'enfant, semble-t-il,  qui pourrait être le sien et à gauche une partie de visage difficile à identifier.

    Il y a une chance sur 100 millions certainement pour qu'elle tombe sur mon blog et, plus particulièrement sur ce billet. Malgré tout, je lui envoie mes amltiés et la salue avec émotion.

  Tu l'ignorais sans doute ma chère S* mais tu fus ma première petite amie.  Cela ne s'oublie pas. Je t'embrasse.

Sandrine_Vilches

contact : eliott_g@hotmail.com

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24 novembre 2009

Proposition indécente

argent_interne       Chères lectrices (c'est le cas de le dire vu le billet que je vous envoie aujourd'hui !),

   Vous connaissez toutes certainement  le film d'Adrian Lyne, "Proposition Indécente", où un milliadaire d'âge mûr, incarné par Robert Redford, offre 1.000.000 de dollars à une jeune femme, incarnée par Demi Moore, pour coucher avec lui.  Le  "hic", c'est que cette jeune femme vit en couple et est très amoureuse de son copain. L'avantage, c'est que le couple à besoin de 50.000 dollars pour solder des dettes.  D'abord heurtés par cette proposition qu'ils refusent tout net, le couple commence à s'interroger, avant de  se laisser tenter...

   Que celle d'entre-vous que cette éventualité n'a jamais effleurée me lance la première pierre. Je vous pose donc la question ici. Que feriez-vous si une telle éventualité se proposait à vous ? Pour simplifier les choses, je pars du principe que l'homme qui vous fait la proposition est  normalement constitué, d'un âge raisonnable et que vous n'avez pas de problème d'argent particulier ... mais que vous êtes en couple !

  Attention,  lisez bien la question posée dans le sondage : il ne s'agit pas forcément de coucher mais au moins d'hésiter fortement.

   Oui, je sais, je suis méchant de poser des questions comme ça...

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18 novembre 2009

Défloration et dépucelage

Dubufe_Adam_Eve Alors, Albine et Serge entendirent. il ne dit rien, il la lia de ses bras, toujours plus étroitement. La fatalité de la génération les entourait. Ils cédèrent aux exigences du jardin. Ce fut l'arbre qui confia à l'oreille d'Albine ce que les mères murmurent aux épousées, le soir des noces.

Albine se livra. Serge la posséda.

Et le jardin entier s'abîma avec le couple, dans un dernier cri de passion.Les troncs se ployèrent comme sous un grand vent ; les herbes laissèrent échapper un sanglot d'ivresse ; les fleurs, évanouies, les lèvres ouvertes, exhalèrent leur âme ; le ciel lui−même, tout embrasé d'un coucher d'astre, eut des nuages immobiles, des nuages pâmés, d'où tombait un ravissement surhumain.

Extrait de La Faute de l'Abbé Mouret de Zola

AVT_Emile_Zola_2115

   

 

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Dépucelage

   La longue habitude de vivre ensemble et d'y vivre innocemment, loin d'affaiblir mes sentiments pour elle, les avait renforcés, mais leur avait en même temps donné une autre tournure qui les rendait plus affectueux, plus tendres peut−être, mais moins sensuels. A force de l'appeler maman, à force d'user avec elle de la familiarité d'un fils, je m'étais accoutumé à me regarder comme tel. Je crois que voilà la véritable cause du peu d'empressement que j'eus de la posséder, quoiqu'elle me fût si chère. Je me souviens très bien que mes premiers sentiments, sans être plus vifs, étaient plus voluptueux. A Annecy, j'étais dans l'ivresse ; à Chambéri, je n'y étais plus. Je l'aimais toujours aussi passionnément qu'il fût possible ; mais je l'aimais plus pour elle et moins pour moi, ou du moins je cherchais plus mon bonheur que mon plaisir auprès d'elle : elle était pour moi plus qu'une soeur, plus qu'une mère, plus qu'une amie, plus même qu'une maîtresse ; et c'était pour cela qu'elle n'était pas une maîtresse. Enfin, je l'aimais trop pour la convoiter : voilà ce qu'il y a de plus clair dans mes idées. Ce jour, plutôt redouté qu'attendu, vint enfin. Je promis tout, et je ne mentis pas. Mon coeur confirmait mes engagements sans en désirer le prix. Je l'obtins pourtant. Je me vis pour la première fois dans les bras d'une femme, et d'une femme que j'adorais. Fus−je heureux ? non, je goûtai le plaisir. Je ne sais quelle invincible tristesse en empoisonnait le charme : j'étais comme si j'avais commis un inceste. Deux ou trois fois, en la pressant avec transport dans mes bras, j'inondai son sein de mes larmes. Pour elle, elle n'était ni triste ni vive ; elle était caressante et tranquille. Comme elle était peu sensuelle et n'avait point recherché la volupté, elle n'en eut pas les délices et n'en a jamais eu les remords.

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Exhibitionnisme

     Mon sang allumé remplissait incessamment mon cerveau de filles et de femmes ; mais n'en sentant pas le véritable usage, je les occupais bizarrement en idées à mes fantaisies sans en savoir rien faire de plus ; et ces idées tenaient mes sens dans une activité très incommode, dont, par bonheur, elles ne m'apprenaient point à me délivrer. J'aurais donné ma vie pour retrouver un quart d'heure une demoiselle Goton. Mais ce n'était plus le temps où les jeux de l'enfance allaient là comme d'eux−mêmes. La honte, compagne de la conscience du mal, était venue avec les années ; elle avait accru ma timidité naturelle au point de la rendre invincible ; et jamais, ni dans ce temps−là ni depuis, je n'ai pu parvenir à faire une proposition lascive, que celle à qui je la faisais ne m'y ait en quelque sorte contraint par ses avances, quoique sachant qu'elle n'était pas scrupuleuse, et presque assuré d'être pris au mot. Mon agitation crût au point que, ne pouvant contenter mes désirs, je les attisais par les plus extravagantes manoeuvres. J'allais chercher des allées sombres, des réduits cachés, où je pusse m'exposer de loin aux personnes du sexe dans l'état où j'aurais voulu être auprès d'elles. Ce qu'elles voyaient n'était pas l'objet obscène, je n'y songeais même pas ; c'était l'objet ridicule. Le sot plaisir que j'avais de l'étaler à leurs yeux ne peut se décrire. Il n'y avait de là plus qu'un pas à faire pour sentir le traitement désiré, et je ne doute pas que quelque résolue ne m'en eût, en passant, donné l'amusement, si j'eusse eu l'audace d'attendre.

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Fessée

     Il est embarrassant de m'expliquer mieux, mais cependant il le faut. Qu'on changerait de méthode avec la jeunesse, si l'on voyait mieux les effets éloignés de celle qu'on emploie toujours indistinctement, et souvent indiscrètement ! La grande leçon qu'on peut tirer d'un exemple aussi commun que funeste me fait résoudre à le donner. Comme mademoiselle Lambercier avait pour nous l'affection d'une mère, elle en avait aussi l'autorité, et la portait quelquefois jusqu'à nous infliger la punition des enfants quand nous l'avions méritée. Assez longtemps elle s'en tint à la menace, et cette menace d'un châtiment tout nouveau pour moi me semblait très effrayante ; mais après l'exécution, je la trouvai moins terrible à l'épreuve que l'attente ne l'avait été : et ce qu'il y a de plus bizarre est que ce châtiment m'affectionna davantage encore à celle qui me l'avait imposé. Il fallait même toute la vérité de cette affection et toute ma douceur naturelle pour m'empêcher de chercher le retour du même traitement en le méritant ; car j'avais trouvé dans la douleur, dans la honte même, un mélange de sensualité qui m'avait laissé plus de désir que de crainte de l'éprouver derechef par la même main. Il est vrai que, comme il se mêlait sans doute à cela quelque instinct précoce du sexe, le même châtiment reçu de son frère ne m'eût point du tout paru plaisant. Mais, de l'humeur dont il était, cette substitution n'était guère à craindre : et si je m'abstenais de mériter la correction, c'était uniquement de peur de fâcher mademoiselle Lambercier ; car tel est en moi l'empire de la bienveillance, et même de celle que les sens ont fait naître, qu'elle leur donna toujours la loi dans mon coeur. Cette récidive, que j'éloignais sans la craindre, arriva sans qu'il y eût de ma faute, c'est−à−dire de ma volonté, et j'en profitai, je puis dire, en sûreté de conscience. Mais cette seconde fois fut aussi la dernière ; car mademoiselle Lambercier, s'étant aperçue à quelque signe que ce châtiment n'allait pas à son but, déclara qu'elle y renonçait, et qu'il la fatiguait trop. Nous avions jusque−là couché dans sa chambre, et même en hiver quelquefois dans son lit. Deux jours après on nous fit coucher dans une autre chambre, et j'eus désormais l'honneur, dont je me serais bien passé, d'être traité par elle en grand garçon. Qui croirait que ce châtiment d'enfant, reçu à huit ans par la main d'une fille de trente, a décidé de mes goûts, de mes désirs, de mes passions, de moi pour le reste de ma vie, et cela précisément dans le sens contraire à ce qui devait s'ensuivre naturellement ? En même temps que mes sens furent allumés, mes désirs prirent si bien le change, que, bornés à ce que j'avais éprouvé, ils ne s'avisèrent point de chercher autre chose. Avec un sang brûlant de sensualité presque dès ma naissance, je me conservai pur de toute souillure jusqu'à l'âge où les tempéraments les lus froids et les plus tardifs se développent. Tourmenté longtemps sans savoir de quoi, je dévorais d'un oeil ardent les belles personnes ; mon imagination me les rappelait sans cesse, uniquement pour les mettre en oeuvre à ma mode, et en faire autant de demoiselle Lambercier.

Extraits des Confessions du grand Jean-Jacques

rousseau

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16 novembre 2009

Résultats du sondage n°2 - Lectures érotiques

        Diapositive1Eh bien ! Seulement 5 votes en 3 jours, mais des résultats bien intéressants: un(e) internaute marqué(é) par La Faute de l'Abbé Mourret de Zola, un(e) autre par Comme le temps passe de Brasillach; voilà des références bien littéraires ! Quant à Eloge de la fessée, à ma grande honte, je ne connaissais pas ce "grand classique" publié en 1976. Un thème d'actualité d'ailleurs entre celles qui veulent faire voter une loi pour l'interdire et celles qui veulent au contraire la réintroduire au PS et la prodiguer à Segolène Royale pour la punir de son comportement !

     Quel dommage que les internautes en question ne m'aient pas envoyé un mail pour me citer le(s) passage(s) qui les ont troublé(e)s et pour m'expliquer un peu la nature de leur trouble. Je les aurais volontiers publiés ici-même.  Peut-être les suivant(e)s s'y risqueront-ils (elles)...

14 novembre 2009

lecture et imaginaire érotique

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12 novembre 2009

Psychose phase 3

     psychose_phase_3  Dans votre éducation sexuelle, lectrice et lecteur sincères, outre les situations, les films et les images,  un certain nombre de livres ont joué un rôle important au moment de votre adolescence, j'en suis sûr. 

    Pour moi, en tout cas, il en fut  qui occuperènt des places de choix : méchants petits livres "d'horreur" publiés en général dans la collection "J'ai lu - Fantastique"  portant la mention "Pour lecteurs avertis" et qui, dans les années 80, constituaient à peu près mon seul contact avec la littérature, mon seul aliment intellectuel.

    En faisant un effort de mémoire, je fais remonter à l'été 1980, ma lecture de "Psychose Phase 3". C'était pendant des vacances en Espagne rythmées par le son électronique de " Banana Split" qui passait en boucle sur les radios. Les films "d'horreur" ou "fantastiques" étaient en vogue à l'époque; ils avaient même droit à leur festival au mois de janvier du côté d'Avoriaz.

    J'éprouvais à l'époque une véritable fascination pour le genre et n'allais pas tarder à commencer - anticipant l'âge légal et avec la bénédiction de mes parents ! -  à en consommer sans modération dès l'année suivante. En attendant, je me rabattais sur les livres qui en étaient tirés. C'est ainsi que j'allais découvrir cet étrange lien qui unit Eros à Thanatos. Et ce, justement dans Psychose Phase 3, méchant petit bouquin  avait suivi la parution, en 1978, du film intitulé, en anglais,  The Legacy avec, dans les rôles principaux, Sam Eliott et Katharine Ross (film que je n'avais pu voir à sa sortie en 1978 et que je n'ai, d'ailleurs à  ce jour, toujours pas vu). 

  Livre étrange qui ne me passionna guère à l'époque et que je ne compris même pas vraiment mais qui  pourtant me troubla violemment tout l'été et certainement pendant plusieurs mois voire, inconsciemment, pendant plusieurs années. Livre qui me laissa, pour tout dire, une sensation de malaise indéfinissable. Non pas à cause de l'intrigue principale qui était émaillée de meurtres - lesquels me laissaient assez froids - mais bien plutôt à cause de l'intrigue secondaire qui mettait au prise l'héroïne avec ses démons intérieurs, ce qui se traduisait par  sa difficulté à vivre une vie sexuelle épanouie avec son compagnon.

   "L'érotisme" très convenu qui parcourt ce genre de littérature "de gare"  ne sert en général qu'à maintenir l'intérêt du lecteur entre deux passages un peu "gores" où il ne se passe pas grand chose.  Or, dans ce bouquin, en plus des classiques lignes gentillement racoleuses, venaient s'ajouter- dès le début, et très régulièrement - des annotations sur ces fameux blocages psychologiques empêchant l'héroïne, pourtant très amoureuse de son compagnon,  de vivre pleinement sa sexualité.  Blocages qui trouvaient leur résolution, et de quelle manière ! entre la page 81 et 83 du roman et dont je vous livre le récit avant de l'analyser :

(...)

"Elle se concentrait uniquement sur le corps de Pete : sur le contact de sa peau, sur le frémissement de ses muscles qui répondaient aux caresses de ses doigts et de ses paumes. Ensuite, elle s'allongea à côté de lui et accepta que la main de Pete stimule sa passion.

  Maintenant elle était couchée sur le dos, et elle laissait Pete la guider doucement, lentement, à travers un labyrinthe de craintes. C'était le moment critique, où son cerveau faisait opposition, ne voulait pas relâcher son contrôle. Elle n'avait jamais pu jouir; elle n'avait jamais pu surmonter ce besoin curieux de se protéger, de se contrôler au lieu de s'abandonner à la vague dévorante de la passion. Elle n'avait jamais eu assez confiance en aucun amant, pas même en Pete. Il y avait en elle comme un petit verre de poison qui se répandait toujours de son corps, réveillant sa peur maladive et gâchant le moment étrange.

   Elle ferma les yeux et espéra que Pete parviendrait à l'amener à l'abandon total; mais, en réalité, elle attendait le moment où la peur submergeait le plaisir. Elle avait démonté le mécanisme de cette défaite. Elle connaissait la façon dont sa passion à elle engendrait la passion de Pete d'abord, puis se renforçait elle-même par le désir qu'elle avait provoqué. La flamme de l'amour dévorait alors son corps mais pour se trouver aussitôt éteinte par cette maladie étrange.

   Elle attendait une fois de plus que son corps la déçoive, qu'il rejette la chaleur de l'amour. Depuis que Pete l'avait pénétrée, Maggie savourait chaque seconde de cette douleur exquise qu'il provoquait en elle. Si seulement il pouvait continuer. Si seulement elle avait assez de temps, pensait-elle. Si seulement Pete pouvait aller et venir en elle éternellement, sa résistance s'écroulerait . Elle poussa un cri . Il hésita.

- Non, non ! supplia-t-elle. Continue ! Je t'en prie, continue!

       Elle le serra contre elle; leur corps étaient luisant de sueur. Elle enfonça les doigts dans son dos. Ses ongles étaient rouges de sang, mais elle ne pouvait plus se maîtriser.

  Maggie comprit qu'elle jouissait, qu'elle venait enfin de franchir cette barrière de peur. Et maintenant, elle était entraînée par une vague immense, elle tombait en avant, hors de contrôle. L'orgasme la secoua violemment; elle se cramponna à Pete. Le plaisir explosa en elle et lui coupa le souffle.

- Mon Dieu, chuchota-t-elle en se cramponnant toujours à lui. J'ai joui, mon chéri. Je ... je crois que j'ai joui. mon Dieu, j'ai senti quelque chose, j'ai...

  Il l'embrassa sur les yeux et, très doucement, attentif à ne pas faire cesser cette jouissance dont il se sentait si fier, la ramena sur terre."

  Cette page d'anthologie de la littérature de bazar, aujourd'hui, me fait - comme toi certainement  lectrice ou lecteur avertis - gentillement sourire. Mais qu'on juge de l'effet qu'elle put produire sur le pré-adolsecent de 10 ans que j'étais alors !   Deux choses m'avaient frappées à cette époque me semble-t-il avec une égale importance : le vocabulaire et la description des sensations de la jeune femme.  Le vocabulaire, d'abord, avec des mots qui semblaient avoir une importance capitale mais dont je ne cernais absolument pas le sens : "jouir", "jouissance"  (répété 5 fois en 6 paragraphes) et "orgasme". Je précise que lors de cet été 80, j'étais encore totalement ignorant des choses du sexe et  n'avais même  pas encore découvert la masturbation; de plus, étant en vacances en Espagne, je n'avais aucun dictionnaire à portée de main pour en éclaircir le sens. Enfin, bien évidemment, il était inenvisageable de demander à mes parents ce que signifiaient ces mots ! Je restais donc avec cette interrogation chevillée à l'esprit tout le reste des vacances même si le contexte me permettait d'en avoir une (très) vague idée... Je comprenais bien que les deux personnages faisaient ce qu'on appelle "l'amour", même si je ne suis pas sûr aujourd'hui de savoir ce que cela représentait à l'époque pour moi.  Je ne suis pas certain notamment de savoir que l'acte d'amour physique se traduisait généralement par la pénétration.  Imaginez donc l'impact que pouvaient avoir sur moi des phrases comme :  "aller et venir en elle", "explosa en elle" etc qui faisaient de la fille une sorte de pièce de chair dans laquelle s'introduisait un corps étranger qui fouaillait ses entrailles.  Enfin, le lexique de la douleur et du plaisir mêlés (avec tout de même  celui de la douleur, de la peur et de l'angoisse qui dominaient très de largement), me firent longtemps associer  l'acte d'amour à un événement totalement traumatisant pour une fille. A tel point que même dans les premières années de ma vie sexuelle de couple, quelques 10 ou 12 ans plus tard, je  pensais qu'une fille ne pouvait faire l'amour avec un garçon qu'en "prenant sur elle" et il me semblait quasiment impossible qu'elle pût s'adonner  à cet  acte par plaisir.

  C'est pour cette raison que, cette année, j'ai relu ce livre. Pour régler quelques comptes et mesurer l'impact qu'il a eu sur moi et ma perception de la sexualité de couple et féminine.  Bien entendu, ce n'est pas le seul élément qui a construit mon imaginaire érotique, mais qui eût cru qu'un bouquin si anodin, lu dans une période où je n'avais pas atteint une mâturité suffisante, pût avoir une telle résonnance en moi pendant des années.

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